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« Les policiers aussi sont des hommes, la preuve : ils violent des filles»

(slogan de mai 68)

 

En novembre 2007, Marie[1] fait la fête avec des ami-e-s dans un bar près des Terreaux pour la fin des exams. L’ambiance est animée, tout le monde picole pas mal. En fin de soirée, les amis de Marie s’en vont tandis qu’elle décide de rester, elle connaît les serveurs et fait la fermeture avec eux. Marie a beaucoup bu, et elle se sent très fatiguée comme si quelqu’un avait mis de la drogue dans son verre. Quoiqu’il en soit, vers 5h du matin, elle ne tient plus debout et ne peut pas rentrer chez elle. Les serveurs essayent de contacter ses amis, en vain. Une patrouille de police passe dans le coin, les serveurs l’arrêtent et lui demandent s’ils peuvent s’occuper de Marie. Les deux flics emmènent alors Marie dans la voiture, et la ramènent chez elle. Marie n’est pas en état de marcher seule.

Arrivés dans l’immeuble, les flics qui soutiennent Marie croisent Grégory, un voisin et ami de Marie qui leur demande ce qui se passe. Les policiers expliquent qu’ils ramènent Marie chez elle, et qu’ils veulent bien de l’aide. Grégory leur indique donc où Marie habite, puis part travailler en laissant le groupe devant la porte.

 

Lorsque Marie se réveille le lendemain en début d’après-midi, elle est à moitié nue sur son lit (elle n’a pas pu se déshabiller seule), les préservatifs qui étaient dans sa table de nuit ont disparu et des douleurs localisées lui font comprendre qu’elle a été violée.

Elle ne se souvient strictement de rien, et c’est en parlant avec son voisin, sa concierge et les serveurs du bar qu’elle comprend l’histoire.

 

Elle appelle le commissariat : on lui dit de venir sur place. Lorsqu’elle arrive et donne son identité, on lui sort « oui, vous êtes dans le fichier, pour abus d’alcool ». Rien d’autre.

 

Marie n’est pas allée faire de consultation médicale, ce qui signifie que sa plainte sera sans doute rapidement classée sans suite. De toutes façons, entre les plaintes pour viol qui n’aboutissent quasiment jamais (on est sommée de présenter preuve sur preuve, comme si c’était la victime qui était présumée coupable), et les plaintes contre les flics qui sont systématiquement classées sans suite (quand elles n’aboutissent pas à une procédure pour « diffamation » contre celles et ceux qui ont été victimes de violences policières), le recours à la justice ne doit pas laisser d’illusions…

 

Reste une rage tenace, une envie et un besoin de trouver les personnes avec qui se défendre. Parler en confiance, se retrouver, voir qu’on est pas seules, est une première étape pour se battre, ensemble.

 

 

Ni oubli ni pardon.



Récit relayé par Témoins/la caisse de solidarité de Lyon, numéro : 06 43 08 50 32

[1] Les prénoms ont été changés.


Mercredi 9 juillet 2008
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(Trouvé sur Indymedia Paris)


La semaine dernière la police tuait Abdelhakim à Grasse. Cette semaine, un gendarme à tirée 7 balles dans le dos d'un gitan, trois l'ont touché, une l'a tué.


Ce soir (28/05/08), soulagement à la gendarmerie de Draguignan : le juge vient de remettre en liberté le gendarme meurtrier de Joseph Guerdner, 27 ans, marié, trois enfants, membre de la communauté des gens du voyage (à Brignoles).

La scène du drame est malheureusement classique. Le jeune gitan, sous contrôle judiciaire, est interpellé un jour où il vient pointer. Il est soupçonné d'avoir participé à la séquestration d'un chauffeur routier pour les 150 écrans plasma qu'il avait dans son camion. Pendant son interrogatoire, une coupure de courant lui aurait permis de sauter par la fenêtre, puis de courir, menotté. Un cow-boy assermenté, s'offre un ball-trap : il tire sept balles dans le dos du gitan. Légitime défense ? Le gendarme n'a même pas osé l'invoquer, un peu gros. Rassurons-nous, l'article 174 du décret du 20 mai 1903 permet aux gendarmes de « déployer la force armée lorsque des personnes cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et ne peuvent être contraintes de s'arrêter que par l'usage des armes ». La législation n'est pas encore aussi permissive pour la police (qui relève de l'Intérieur et pas de la Défense), mais ça va venir, avec les appels à fusion des deux - moyen d'étendre la puissance de la police et l'efficacité répressive. On nous dit qu'il y a des limites : le tir doit être « absolument nécessaire » et « strictement proportionné au danger », selon une décision de la cour de Cassation de 2003 (à l'époque, un gendarme motard avait flingué un voleur de voiture). Et le danger, qui l'évalue ? Le gendarme, évidemment. Dans la présente histoire, le tireur débile invoquera, pour justifier « l'absolue nécessité de faire usage de son arme », la présence d'une école pas loin, et d'un internat catho. C'est bien connu : les enfants jouent la nuit dans les cours d'école, et les gitans en cavale ont pour première idée de les manger. Autre restriction légale au droit de vie et de mort : « L'autorisation d'ouvrir le feu ne saurait être étendue au gendarme qui exécute, en tenue civile, une mission de police judiciaire. » Justement, notre assassin n'avait pas mis son uniforme. « Ce n'est pas un souci, il y a des circulaires de la gendarmerie qui l'autorisaient à tirer », assure son avocat, Me Lionel Escoffier. Y a vraiment des balles qui se perdent… Le juge des libertés a quand même placé le digne représentant de l'Etat de droit sous contrôle judiciaire - sans doute espère-t-il apaiser la colère des gitans. Le procureur s'était un peu emballé en parlant d' « homicide volontaire », ce qui avait suscité une vive émotion chez les gendarmes, qui parlaient même de faire une manif pour protester ! Mais le père du malheureux gendarme (lui-même ancien de la maison), et l'avocat de la défense (du gendarme) ont préféré annuler, pour pas agacer les juges. Bonne stratégie : il y a eu requalification des poursuites en « coups mortels », et remise en liberté.


 

Le traitement de cette affaire par les médias-putois est tout aussi édifiant. Le Monde : « Il est accusé d'avoir tué vendredi soir un homme de 27 ans ». Il est pas simplement « accusé de » : il a tué un homme ! Le Figaro demeure un peu plus à droite encore : « soupçonné d'avoir tué un homme qui fuyait durant sa garde à vue ».

Du côté des médecins (les légistes de la police), on ose se demander si la mort serait pas un peu liée à la chute depuis la fenêtre, dont on précise sadiquement qu'elle était située à 4m60… Déni, mépris, impudence, rien ne les arrête. La gendarmerie a donc pour appui, la justice, la presse, les médecins (et sans doute les marchands de balles). Les gitans eux, sont seuls, et ils le savent. Leurs déclarations à la presse sont simples, claires et directes : « Ils l'ont tiré comme un lapin ». Une proche a aussi très justement pointé le fait que Sarkozy ne viendrait jamais leur lâcher un mot de condoléance, alors qu'il aurait couru à l'hôpital si un gendarme s'était foulé un doigt en appuyant sur la gâchette. Les gitans, eux, savent qu'il n'y à rien à attendre de la France. Cette France qui ouvrait en 1914 ses premiers camps de concentration à destination des « nomades », et qui fermait les derniers en 1946. Cette France dont l'efficacité bureaucratique et méthodique dans les rafles impressionnait jusqu'aux nazis eux-mêmes. Depuis 1912 en effet, les nomades devaient se présenter dans les gendarmeries, pour être fichés, ce qui a facilité la tâche 30 ans le plus tard. 1912, 1942, 2008, c'est précisément la même structure administrative qui fiche, parque, expulse, et assassine. Bien mieux que les rhéteurs historiens ou sociologues qui n'osent pas admettre la réalité qu'ils ont sous les yeux, les gitans savent que la police et la justice, c'est en soi le même ennemi, le même assassin, et depuis longtemps. Pas étonnant donc, que dans la nuit de samedi à dimanche, trois véhicules aient été incendiés dans la cour de la gendarmerie. Puis, apprenant la nouvelle de la requalification, ils ont renversé deux autres voitures et brûlé une troisième devant le palais de justice, avant que les gendarmes ne les dispersent à l'aide de gaz lacrymogènes. Sûrs que les bleus avaient encore envie de tirer. D'ailleurs ils n'ont pas chômé : un jeune de 18 ans « connu des services de police », a déjà été arrêté pour avoir cramer ces bagnoles ; et ils l'ont déjà condamné ! 6 mois avec sursis et 200 heures de TIG. Le procureur avait requis trois ans de prison dont la moitié avec sursis… Ils n'ont aucune limite. Avec cette condamnation et la libération du gendarme, la nuit risque d'être chaude (chaleureuse, vivante) et pas seulement grâce aux flammes de la caravane du défunt (coutume des voyageurs).

De leur côté, les chiens, non satisfaits d'avoir descendu un discriminé de plus, trouvent encore le moyen de se plaindre parce que leur collègue (à prononcer avec l'accent puant des gendarmes du sud) a fait quelques heures de gardav'. Le mensuel L'Essor de la gendarmerie (tout un programme !) et l'Union nationale des personnels retraités de la gendarmerie (ils nous feront chier jusqu'au bout !) ont fait part de leur « indignation ». Le syndicat rappelle que le gendarme « appliquait les règles » (de l'usage de l'arme à feu). Après tout, ils ont raison. Sans ironie aucune, c'est bien à eux de s'indigner, plus à nous. Les règles du jeu sont claires : la police et sa justice ont le droit de tout sur nous. On le sait, donc abandonnons aux familles de gendarmes l'indignation, pour enfin commencer à résister, vraiment.

 

Solidarité contre les porcs.


 

 


Récit de la mort d'Abdelhakim, la semaine dernière à Grasse :

> http://rebellyon.info/article5282.html



Lire aussi :


-
http://dissidence.over-blog.com/article-19606795.html
- http://dissidence.over-blog.com/article-17580570.html
- http://dissidence.over-blog.com/article-18887043.html

Jeudi 29 mai 2008
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Lundi, l'un des nôtres est encore tombé. Un mort de plus dans la guerre en cours.


Pourquoi ? Parce qu'il s'appelle Abdelhakim, qu'il s'énerve à la banque parce qu'on ne lui verse pas son chômage, parce que le banquier appelle ses copains de la BAC, parce que ces chiens ne supportent pas qu'un damné se rebelle, ne se laisse pas interpellé comme un mouton docile (comme souvent, on invoquera des "troubles psychologiques"...).
Ils l'ont défoncé. Il avait 22 ans.


Il est de temps de faire autre chose que de protester. Nous n'avons rien à attendre de la police et de sa justice, ni qu'elles fassent la lumière sur des crimes tout à fait logiques, ni qu'elles nous épargnent dès lors que nous résistons, réellement.


S'indigner, c'est encore reconnaître le pouvoir.
Il temps de s'organiser !



Récit des faits :

 

Vendredi après-midi, les policiers ont été alertés par le directeur du Crédit agricole de Grasse : Hakim voulait y faire un retrait, mais quand la banque a refusé, il a explosé. «En colère de n’avoir pu percevoir des indemnités de chômage depuis deux mois, il a eu un comportement agressif envers le directeur», explique son comité de soutien. Les policiers le retrouvent rapidement boulevard Victor-Hugo et tentent de l’interpeller, mais, à nouveau, Hakim entre dans une rage folle. Une vitrine est brisée, un policier blessé : selon le préfet, le fonctionnaire a été opéré pour une fracture de la clavicule. Aucun scrupule à évoquer ces malheureuses vitrines et clavicules cassées, quand en face, il y a un mort.



Hakim est finalement "maîtrisé" et menotté. Un témoin, Ludovic Gérard, 30 ans, maître-chien habitant à Pégomas, raconte : «Il était à terre. Ils étaient trois sur lui. Un policier lui faisait une pression sur la colonne vertébrale avec son genou. Un autre l’étouffait avec son bras. Il avait les mains menottées sous le torse. Il était violet, il demandait à respirer. Il a pris deux coups de poing, deux bonnes pastèques. J’ai dit aux policiers : "Vous l’avez maîtrisé, il n’y a pas besoin de plus."» Ludovic Gérard finira au poste, menotté, pour avoir tenté s’interposer, pour ne pas avoir tracé sa route, comme si de rien. «Là, assure-t-il, au bout d’une demi-heure, une policière affolée demande de l’aide : il venait de faire un arrêt cardiaque.» A 16 h 30, Hakim est déclaré mort.

Selon le préfet, «le mis en cause a été transporté, dans un véhicule de police secours, jusqu’au commissariat de Grasse. L’intéressé étant victime d’un malaise, les services de secours ont été aussitôt avisés. En dépit de la tentative de réanimation des sapeurs-pompiers et du Samu, pendant plusieurs dizaines de minutes, malheureusement sans succès, le décès a été constaté». Une autopsie aura lieu demain.

Leyla Picout, 17 ans, en BEP vente, qui connaissait la victime, raconte : «Ce qu’ils ont fait ce n’est pas bien, de rester sur lui. Il demandait à respirer. Il était tout bleu, ses yeux sortaient des orbites, ils n’auraient pas dû continuer. Quand les pompiers sont venus, ils auraient dû le laisser aller à l’hôpital. Mais aux pompiers, les policiers ont dit : "Partez, laissez-nous faire."» Plusieurs témoins ont été choqués quand les pompiers sont repartis avec le policier blessé, mais pas avec Hakim, transféré au commissariat. «Quand ils l’ont mis dans la voiture, raconte Leyla, il était
tout mou, on aurait dit une guimauve. Ils l’ont traité comme une merde. Il a eu une mort horrible.»
Pour Me Sylvain Pont, un des avocats de la famille, «la police avait la possibilité d’éviter le drame. Elle a fait preuve d’un acharnement anormal, comme une sorte de mise à mort». Encore un avocat qui paraît pas bien nerveux. "Anormal" ! C'est pourtant pas compliqué : l'intervention de la police a provoqué la mort d'une personne.

D’après Nice-Matin, il avait été hospitalisé en psychiatrie du 18 au 29 avril. Interpellé en mars pour conduite sous l’emprise de stupéfiants, il devait comparaître en juin. Il avait aussi été poursuivi pour rébellion, mais la procédure avait été classée sans suite, après un internement d’office.

Hier, environ un millier de personnes ont participé à la marche, où des banderoles proclamaient : «Hakim, on t’aime», «Ceux qui gardent la paix tuent nos enfants», «Police délinquante, où est la justice ?».

Le Mrap et la Ligue des droits de l’homme ont fait part de leur soutien.
(Super, grâce à ces orgas, j'me sentirais bien plus tranquille si j'me fais arrêter ce soir par la BAC.)


Rassurons-nous, "une enquête est en cours", assurée par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). Mais le pouvoir annonce la couleur du résultat : «Aucun élément ne permet actuellement de mettre en cause l’action des fonctionnaires» (Dominique Vian, préfet des Alpes-Maritimes).
Evidemment.







Vendredi 16 mai 2008
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Mêmes bureaucraties, mêmes méthodes, même efficacité froide dans la chasse à l'Homme.

En témoigne cette circulaire préfectorale qui explique au personnel administratif comment appliquer le crime légal.
http://dissidence.libre-octet.org/blog/pr%e9fecture.pdf


Lire aussi :

1940-2008 : la France et ses lois racistes


Un rapprochement nécessaire : du Fichier des Juifs au Fichier ELOI


> http://www.acontresens.com/contrepoints/societe/39.html

Mardi 13 mai 2008
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Samedi 5 avril, à Lyon, après une soirée avec deux amis, vers une heure du matin, Abdel* patiente devant l’arrêt de bus du C3, à la sortie de métro Hôtel de ville, pour rentrer chez lui.

Une Laguna verte s’arrête, trois policiers en civil en sortent, mettent leurs brassards. Ils intiment aux trois amis l’ordre de sortir les mains de leurs poches, et de présenter leurs cartes d’identité ; ce que les trois personnes font. Abdel n’a pas la nationalité française mais il possède un titre de séjour de 10 ans. Une première palpation de sécurité est effectuée. Le motif ? Aucun.

Le flic qui contrôle Abdel lui demande « il est de quelle origine votre ami ? ». Réponse « Vous n’avez qu’à lui demander directement ». Suite à cette réponse logique que le policier doit sans doute trouver impertinente, le flic demande à Abdel de mettre les mains contre le mur pour le fouiller à nouveau. Abdel objecte que s’ils veulent le fouiller, il faudra l’emmener au commissariat.

C’est à ce moment que le policier s’énerve et plaque brutalement Abdel contre le mur, puis le fait tomber à terre. Tout s’enchaîne très vite. Les policiers crient aux deux autres personnes de s’en aller, ce qu’elles font. Pendant ce temps Abdel est au sol, un policier est sur son dos. Il souffre justement de problèmes de dos et indique aux policiers que cela lui fait mal. Les policiers semblent ne pas entendre et lui serrent les menottes très fort, avec les pieds appuyés sur ses poignets. Il proteste, tout en continuant de vouvoyer les policiers. C’est là qu’un des policiers lui plante une sorte de crochet à trois piques dans le pouce gauche. La douleur est, sur le coup, très vive et la chair est apparente.

La plaie se met à saigner. Abdel est embarqué dans la voiture où les policiers le frappent à coups de poings et l’insultent « connard, voleur ». Ils se moquent d’une faute de français qu’a fait Abdel en se plaignant d’avoir mal « Si tu veux vivre en France, il va falloir t’intégrer et apprendre la langue ». Abdel perd plus ou moins connaissance dans la voiture ; à l’arrivée au commissariat, les policiers le traînent à terre par les menottes, ce qui lui fait très mal aux poignets. Ils appuient avec leurs pouces derrière ses oreilles et sa mâchoire pour l’obliger à se lever. Puis on le colle la tête contre un mur, on l’insulte. Abdel proteste devant ces agissements, qu’il qualifie de racistes. Il se débat pour éviter les coups. Plusieurs policiers s’acharnent alors sur lui, à coups de poings, de pieds et de matraques. Il saigne abondamment de la tête. Un des policiers l’étrangle avec le coude autour du cou, il a beaucoup de mal à respirer. À ce moment là, un des policiers prend peur et invite les autres à l’emmener aux urgences. Abdel se relève, il veut se regarder dans la glace pour voir l’état de ses blessures. Nouveau coup de poing. Quelqu’un nettoie son sang à terre avec un balai-serpillère. « On aurait dit que n’était pas grave de voir tout mon sang répandu par terre, comme si mon sang comptait moins que le leur ».

Un drap est placé dans la voiture de police « pour ne pas salir les sièges ». Abdel perd connaissance. Enfin arrivé aux urgences, et toujours menotté, il perd beaucoup de sang. Il est assis sur un brancard et ne peut s’allonger, avec les bras menottés dans le dos. Le médecin demande si on peut lui enlever les menottes pour le soigner, « non il est très dangereux » répliquent les policiers. Finalement, ils acceptent (tout en ayant proposé de lui entraver tout de même les pieds). Des points de suture sont posés. Abdel demande un verre d’eau, refus des policiers. Une soignante finit par lui en apporter un. Le médecin s’inquiète de l’état de sa main, qui a bleui à cause des menottes très serrées.

Il est 3 ou 4 heures du matin. Abdel va passer la nuit à l’hôpital. Les policiers lui rendent alors sa veste, sa carte bleue et son portable et partent tout simplement. Ils ne lui auront jamais signifié la raison du contrôle, de son arrestation, ni bien sûr des coups.

Le lendemain, Abdel a très mal à la tête. Il obtient du médecin un certificat de 2 jours d’ITT.

Sa main gauche lui fait toujours mal, il a des fourmillements quand on lui touche le poignet.

Deux jours après un autre médecin constate les lésions suivantes : plaie du cuir chevelu suturée, plaie au niveau du pouce de la main gauche, douleur au niveau de la face externe du 5e métatarsien de la main gauche nécessitant un bilan radiologique complémentaire, douleurs dorsales, traumatisme psychologique.

* Le prénom a été changé pour préserver l’anonymat.

source : Témoins

Rappel du numéro de Témoins/caisse de solidarité : 06 43 08 50 32


Samedi 19 avril 2008
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Ci dessous quelques exemples de bavures policières « punies » par la justice :

 


Houari Ben Mohamed
, 17 ans, tué accidentellement d'une balle dans la tête par un CRS lors d'un contrôle d'identité à Marseille en octobre 1980. Le policier est condamné à 10 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire.

 

 Malik Oussekine, 23 ans, battu à mort par deux voltigeurs le 6 décembre 1986 à Paris lors d'une manifestation étudiante. Les deux policiers sont condamnés à des peines de prison avec sursis pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

 

 Aissa Ihich : Le 25 mai 1991, après une semaine d'émeutes dans la cité du Val Fourré à Mantes-la-Jolie, des émeutiers saccagent un centre commercial. Cinq d'entre eux sont interpellés et placés en garde à vue, dont Aissa Ihich, 19 ans, qui meurt d'une crise d'asthme au commissariat de Mantes-la-Jolie. En 2001, Les deux policiers mis en cause sont condamnés à huit mois de prison avec sursis pour « violences avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique dans l'exercice de leurs fonctions ».

 

 Sydney Manoka Nzeza : En novembre 1998 à Tourcoing, Sydney Manoka Nzeza, un boxeur amateur de 25 ans, décède lors de son interpellation, alors que trois policiers tentaient de le menotter en le maintenant au sol. Ils sont cinq policiers à être jugés en 2000. Deux d'entre eux sont reconnus coupables d'homicide involontaire et condamnés à 7 mois de prison avec sursis. Les cinq policiers sont par contre relaxés du chef d'accusation de « non-assistance à personne en danger ».

 

 Habib, 17 ans, tué accidentellement lors de son interpellation d'une balle tirée à bout portant par un policier le 13 décembre 1998 à Toulouse. Le policier auteur du coup de feu sera condamné à trois ans de prison avec sursis pour homicide involontaire. Ce décès provoque plusieurs journées d'émeutes, durant lesquels un jeune tentera de tuer un policier, le blessant sérieusement.

 


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Voici maintenant quelques cas de bavures policières où la justice a innocenté la police :

 

 
Mohamed Diab
, tué d'une rafale de mitraillette en novembre 1972.

 

Ouardia Aoudache, mère de onze enfants, morte au commissariat de Jœuf en Lorraine le 14 août 1984. La justice a prononcé un non-lieu dans cette affaire.

 

Youssef Khaif, 23 ans, tué d'une balle dans la nuque à Mantes-la-Jolie le 9 juin 1991 alors qu'il tentait de prendre la fuite au volant d'une voiture volée, un membre de sa bande ayant quelques minutes plus tôt, avec un autre véhicule, tué la policière Marie-Christine Baillet au même endroit.

 

Thibaut Cottoni, 13 ans, tué lors d'un cambriolage dans une cave à Asnières-sur-Seine par la BAC en janvier 1992.

 

Abdelkader Bouziane, 16 ans, tué par un policier lors d'un barrage routier le 17 décembre 1997 sur la route de Fontainebleau. Abdelkader Bouziane, au volant d'une voiture, venait de forcer un premier barrage. La chambre d'accusation a prononcé un non-lieu dans cette affaire.

 

 Ryad Hamlaoui : 23 ans, tué par un policier de Lille dans la nuit du 15 avril 2000 alors qu'il se trouvait à bord d'une voiture volée. Ce décès provoquera deux jours d'émeutes.

 


A noter que les morts de Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) à Clichy-Sous-Bois (2005) ainsi que celles de Moushin et Larami - tout deux mineurs eux aussi - à Villiers-Le-Bel, le 25 novembre 2007, n'ont toujours pas vues la moindre condamnation…

 


Ces exemples sont assez criants d'injustice, ou de justice idéologique, pour ne pas nécessiter de commentaire.
Cependant nous pouvons citer quelques cas de condamnations d'un tout autre acabit :

 

En juin 2006, Olivier Théron, toulousain, était condamné à 7 mois de prison ferme pour avoir lancé un pot de yaourt sur la voiture de Nicolas Sarkozy en avril 2005.

 

Lundi 1er octobre 2007, Bachirou Tandjigora, 21 ans, Mehdi Bouharel, 19 ans et Mounir Labidi, 23 ans, ont été condamnés à des peines de six ans de prison, pour les deux premiers, et de huit ans, pour le troisième. Les trois jeunes hommes étaient poursuivis pour des violences commises à l'encontre de deux CRS dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), en septembre 2006.

 

Vendredi 14 Décembre 2007, le tribunal correctionnel de Brest a condamné à deux ans de prison ferme un jeune homme de 22 ans reconnu coupable d'avoir lancé, la veille, une pierre sur une voiture de police dans le cadre d'une manifestation lycéenne. La pierre n'ayant que brisé une vitre, ces deux ans de vie perdus sont ils acceptables ? Casser un pare brise ou jeter un yaourt sur la voiture du premier flic de France est il plus grave qu'un meurtre d'enfant ? Que les viols en réunion et rackets subis par les prostituées ou les chauffeurs de taxis ? Que les traitements inacceptables subis en garde à vue chaque nouvelle nuit ? Que le harcèlement moral subit par des homosexuels et des femmes en garde à vue ? Que les dégradations opérées sur le corps des centaines de clandestins raflés et déportés ?

 

Comment respecter cet Etat dont la police nous tape dessus, dont la justice nous envoie pourrir au trou pendant que les véritables coupables s'en sortent toujours avec un non lieu ou des peines avec sursis ?

 


Liberté égalité fraternité mon cul ! Pas de justice, pas de paix !

 




Extrait de Non Fides n°1
 

 

 

Mardi 11 mars 2008
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Lundi 25 février 2008
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Ils en parlent peu dans les médias, sans doute pour  pas que les révoltés  français sachent qu'ils ne sont pas seuls.

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Quelques articles pour savoir comment ça brûle à côté de chez nous :

http://afp.google.com/article/ALeqM5hLPCU1Fe3ouI1GN-uye1gO6kqalw

http://www.rtlinfo.be/news/article/97103/--Plus+que+20+incendies...

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/02/19/huit-jours-d-emeutes...


Vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/x1crhb_emeute-danemark_news

Mercredi 20 février 2008
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Quelques pistes pour éclairer cette sombre justice d'abattage :

Les comparutions immédiates sont dans la continuité de ce que l'on appelait auparavant les "flagrants délits". Cette procédure de justice accélérée a été créée en 1983, et est définie à l'article 395 (et suivants) du Code de Procédure Pénale.

- elle concerne les délits punissables d'une amende ou d'une peine d'emprisonnement d'une durée inférieure ou égale à deux ans

- il n'est pas possible de refuser la comparution immédiate. On peut simplement demander un délai pour préparer sa défense (de qq semaines à qq mois- 4 maximum normalement)

- demander le report de la comparution immédiate fait courir le risque d'une détention provisoire en attendant le jugement. C'est le juge des libertés et de la détention qui se prononce sur la remise en liberté (avec éventuellement une mise sous contrôle judiciaire ).

- le nombre de comparutions immédiates a littéralement explosé depuis une quinzaine d'années, représentant environ aujourd'hui 20% des affaires portées en justice. La CI est par excellence la procédure pour punir les pauvres, mater les révolté-e-s...


  • Le lien vers un site lyonnais d'observations de comparutions immédiates, qui archive les prises de notes : http://www.compim-lyon.fr/

  • Un livre sur les comparutions immédiates suite aux émeutes de fin 2005: Comparutions immédiates, Enquête sur une pratique judiciaire, Angèle CHRISTIN, La Découverte, janvier 2008



Jeudi 14 février 2008
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Vendredi 1 février 2008

Texte Libre



Tant que la Justice d’Etat ne sera que violence, la violence du peuple ne sera que justice.

 

 

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